Septembre
2007 - Numéro 56 - 5e année ©
Au sommaire :
Les
dix meilleurs titres lesbiens :
palmarès
de Geneviève Pastre
Alexandre
Delmar, le garçon qui pleurait des larmes d'amour
par
Pierre Salducci
Alexandre
Delmar a fait son entrée en littérature en publiant Prélude
à une vie heureuse. Il signe aujourd’hui son deuxième roman Le
Garçon qui pleurait des larmes d’amour.
Après
avoir consacré tout un volume à son adolescence et à sa découverte de l’homosexualité,
Alexandre Delmar se colle cette fois aux pas du jeune Max que nous
suivons de son enfance jusqu’à ses premiers pas d’adulte. Comme dans Prélude
à une vie heureuse, notre héros est marqué par la vie, les événements
qui s’acharnent contre lui, le sentiment permanent d’être la victime du
destin jusqu’à ce que la réussite matérielle qu’il obtient grâce à ses
bons résultats scolaires lui donne la sensation d’être enfin parvenu au bout
du chemin et de connaître sécurité et stabilité.
Le Garçon qui pleurait des larmes d’amour est presque un calque de Prélude
à une vie heureuse, avec exactement le même ton, la même propension à s’apitoyer
sur soi-même et à penser que sa vie est tellement extraordinaire qu’elle
mérite d’être racontée pour servir d’exemple aux autres, ou de guide. Si
ce n’est que l’histoire est beaucoup plus faible dans ce second roman que
dans le premier et que le sentiment de déjà vu et déjà lu vient un peu
gâcher le plaisir. On retrouve pourtant ici les ingrédients qui font la marque
des éditions Textes gais, une homosexualité ouverte et libérée, un propos
qui s’attarde volontiers sur les scènes sexuelles et des personnages très
jeunes qui en sont à leurs premières armes dans la vie. Si ce n’est que ceux
qui attendaient avec impatience une suite aux aventures de ce jeune auteur
seront sans doute déçus car il ne s’agit justement pas d’une suite, pas
même d’une autre étape, mais simplement d’une sorte de redite avec des
noms des dates et des lieux différents. L’intrigue est moins prenante, on ne
retrouve pas toutes les réflexions intéressantes qui émaillaient Prélude
à une vie heureuse, et le point de vue si original d’Alexandre Delmar
sur la vie semble soudain s’être singulièrement terni.
Le Garçon qui pleurait des larmes d’amour est un récit qui se lit
vite, et dégage une certaine monotonie car son auteur donne l’impression de
tourner en rond autour de questions déjà évoquées et auxquelles il avait
pourtant déjà donné ses réponses, si bien que ce deuxième roman n’apporte
rien de neuf. Le jeune Max fait penser au personnage de Rémi, le héros de Sans
famille, avec l’homosexualité en plus, mais sans vision particulière. Il
passe de centre d’accueil en famille d’hébergement, rencontre plusieurs
épreuves et se trouve surtout confronté à la mort dès son plus jeune âge. L’auteur
a un peu tendance à aligner ici tous les clichés qui vont du viol à la
prostitution, en passant par l’incontournable tentative de suicide…
Le Garçon qui pleurait des larmes d’amour est un roman trop court, qui
manque de profondeur, de style et de personnalité. On attend avec impatience
que Alexandre Delmar tourne réellement la page sur ces années d’adolescence
pour passer à autre chose, et pourquoi pas à cette fameuse vie heureuse qu’il
nous avait annoncée dans son précédent livre.
Alexandre
Delmar, Le Garçon qui pleurait des
larmes d’amour, Paris, Textes gais, 2007, 178 pages, 12 €.
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Un
pacte du sang pour Ali Vali
par
Laetitia Schuck
Ali
Vali est originaire de Cuba. Elle vit à La Nouvelle Orléans, en
Louisiane, où se déroule d’ailleurs son premier roman, Le
Pacte du sang. Polar lesbien, ce dernier a été élu roman de l’année
2006 aux États-Unis.
Cain
Casey, trente-six ans, est la chef d’un clan mafieux qui règne sur un
territoire de la Nouvelle-Orléans et mène un combat permanent contre le clan
Bracato. Quatorze ans auparavant, Cain a rencontré Emma Verde, alors
étudiante, originaire du Wisconsin. Ce fut le coup de foudre et le début d'un
amour inconditionnel. Les deux femmes ont partagé huit ans de vie commune et
ont deux enfants dont Emma est la mère biologique. Mais leur belle histoire
s'est brisée quatre ans plus tôt. Suite à des accusations contre sa compagne,
et ne supportant plus son côté sombre, Emma avait alors quitté le domicile
conjugale pour retourner vivre chez ses parents, loin de sa femme et de son fils,
et enceinte de son deuxième enfant, la petite Hannah. Une rupture qui ressemble
beaucoup à un piège monté de toutes pièces et destiné à briser
définitivement les activités de Cain. Pourtant, Emma n’a jamais oublié la
femme de sa vie qui, de surcroît, ne connaît toujours pas leur fille, née
juste après leur séparation. Dès lors, de nombreux questionnements vont
surgir sur l'avenir de la petite famille et sur les liens tissés entre
tous.
Au delà de son intrigue palpitante, Le Pacte du sang dépeint de fortes
personnalités. Tout d’abord, l’opposition de style entre les deux
femmes : d’un côté Cain, la mère chef de famille prête à tout pour
défendre les siens, ayant un sens de l’honneur à toutes épreuves, et de l’autre
Emma, plus fragile en apparence, mais qui va trouver la force de se battre pour
reconquérir l’amour de son fils. A
travers l’image de ces deux femmes avec deux enfants, Ali Vali offre une
vision moderne de la famille homoparentale. Par ailleurs, une
galerie de personnages secondaires traverse le roman comme les parents d’Emma
(un père compréhensif et une mère homophobe), la garde du corps
de Cain, l’agent Shelby Philipps qui aimerait se rapprocher de Cain, l’agent spécial Barney
Kyle
qui a fait de l’affaire Cain Casey une obsession, sans oublier les
membres du clan adverse menés par Gino Bracato... Grâce aux nombreux flash
back dans la construction du roman, Ali Vali nous fait découvrir
plusieurs moments du passé heureux des deux héroïnes. Les scènes d’amour
sont décrites avec tact et sensualité. Elles nous font bien sentir l’attachement profond qui unissait
les deux femmes auparavant. Enfin, basé sur un schéma narratif classique et efficace,
Le Pacte du sang aborde sans détours les thèmes de la trahison et du pardon.
La situation finale laisse entrevoir
une suite possible. On en redemande !
Ali
Vali, Le Pacte du sang, roman,
éditions Labrys, 2007,
315 pages, 18 €.
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La
fleur d'Edelweiss de Michel Aurouze
Par
Pascal Éloy
En
1967, au moment de sa publication, Une fleur d’Edelweiss
a connu un succès quasiment confidentiel. Aujourd’hui, tout le monde réclame
ce titre si bien qu'il a dû être plusieurs fois réédité ! Tel est le
destin de cet étrange petit livre que certains présentent comme le meilleur de
Michel Aurouze.
Une
fleur d'Edelweiss raconte, sur fond de jazz américain, des histoires d’amour
où s’entrecroisent les vies du narrateur et d’Hippolyte, d’Hippolyte et d’Helmut
ou du narrateur et de Fleur de lune... Et pourtant, on ne saurait qualifier ce
livre de récit d’amour. En effet, il se présente plutôt sous la forme d’un
florilège de courtes histoires, de tranches de vie, intimement mêlées et
étroitement découpées par de nombreux souvenirs poétiques. C'est un peu
comme si chaque histoire générait, pour le narrateur, un souvenir et que
celui-ci se traduisait sous une forme poétique empreinte d'émotions. C’est
une des caractéristiques majeures de cet ouvrage et c'est également ce qui lui
confère un style d’écriture personnel et inégalé.
Il est aisé de sentir déjà dans cette œuvre l’émergence de la trame
narrative qui donnera naissance, trente ans plus tard, au roman Les Millepertuis : relative difficulté à assumer son homosexualité, rancœur envers le père,
succession de rencontres heureuses ou malheureuses, relations sexuelles
violentes, amant asiatique... Des situations, des images sont déjà ébauchées
(et peut-être testées auprès du public), en prémices à un développement
futur. À noter par ailleurs que le livre est illustré de superbes dessins
réalisés par l’auteur lui-même pour décrire des garçons que l’on sent
alanguis et offerts malgré le mystère qui les entoure. Une fleur
d'Edelweiss se lit très vite, d’une traite, et transporte avec plaisir le
lecteur dans l’univers poétique de l’auteur. Un bon moment qui dure aussi
longtemps que les souvenirs de Michel Aurouze !
Michel
Aurouze,
Une fleur d'Edelweiss, récits,
éditions
Geneviève Pastre (1967), éditions du Méridien (1987), éditions Le Manuscrit
(2007), 62 pages, 10.90 €.
Découvrez
les autres romans de Michel Aurouze : Les
Millepertuis , Les
Rameaux de pêchers , La
Faille ,
L'Arc en ciel.
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Le
passage du Caire, l'été, de Nathalie Vincent
par
Christel Marque
Originaire
de Normandie, Nathalie Vincent s’exile à Paris
pour suivre un troisième cycle en musicologie. Après quelques années
infructueuses d’enseignement dans une ZEP en Ile de France, elle atterrit par
hasard chez Radio France où elle retrouve rapidement ses premières amours, la
musique. Elle reprend son métier de compositrice et se tourne tout
naturellement vers l’écriture. L’été est la première saison de Passage
du Caire.
Avec
cette chronique fraîche et légère de personnes ordinaires, Nathalie
Vincent nous livre une galerie de portraits attachants et émouvants.
De Sophie et Élisabeth, qui forment un couple étrangement assorti mais
apparemment sans histoire, à Carole la DRH surbookée et volage qui n’assume
pas ses amours saphiques face à une mère dévorée par son ambition mondaine,
en passant par Anna, la jeune étudiante en histoire éprise d’une femme
envoûtante qui vit au sein d’un couple ouvert mais inquiétant, Nathalie
Vincent joue sur la gamme sans cesse renouvelée des sentiments, des
attirances et des trahisons. Un jeu exquis avec pour toile de fond un Paris
estival, propice aux sorties nocturnes et aux rencontres, celles-ci d'ailleurs
semblent toutes avoir pour point d’ancrage une petite librairie, tenue par
Christophe et son flamboyant amant, Sebastian.
Le Passage du Caire n’est pas sans
rappeler l’atmosphère des Chroniques de San
Francisco d’Armistead Maupin,
subtilement adapté à la mode parisienne. On y retrouve également l’ambiance
du Georges XI de Génération arc-en-ciel.
Bref, le livre de Nathalie Vincent est un
roman d’été dans lequel s’entremêlent des vies mouvementées et où se
croisent des personnages cocasses et délirants. Tout ce petit monde
parviendra-t-il à suivre la route qui était la sienne au début de l’été ?
Des rencontres ne vont-elles pas chambouler certains ordres établis ? Ce
qui doit inévitablement arriver se produit sans surprise. La
réponse est attendue dans la suite de cette tétralogie annoncée…
Nathalie
Vincent, Passage du Caire, L’été, éditions KTM, 2007, 181
pages, 15 €.
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La
vie rêvée de sainte Tapiole selon Hervé Brizon
par
Rosa de la Flora del deserte caliente
Dans
La Vie rêvée de sainte Tapiole, on suit les périples
d'une jeune tante, qui a un faible pour les garçons aux jambes arquées, depuis
sa naissance jusqu'à ses 20 ans, depuis ses premières expériences de pédé
aux États-Unis jusqu'à ses actions terroristes de pédale enragée à Paris
(qui sont d'ailleurs un vrai régal). On vit avec elle ses névroses délirantes,
ses peurs, ses questionnements, ses amours et ses histoires de cul, le tout
enrobé dans une conscientisation politique qui fait plaisir à lire. Un texte
délicieusement subversif, qui doit sa publication au flair d'éditeur de Guillaume
Dustan et qui reste aujourd'hui absolument unique de par son ton et son
propos dans l'histoire de notre littérature. Une perle comme on aimerait en
lire plus souvent, qui n'a pas pris une ride malgré les années, et à ne rater
sous aucun prétexte.
Enfin
un roman pour les folles, les tapioles révolutionnaires et délurées et autres
anormaux-ales qui ne se retrouvent pas dans la masse de bouquins traitant de l'hétéro
ou de l'homosexualité. Ces bouquins qui nous rabâchent toujours les mêmes
choses, nous énervent et nous ennuient à mourir parce qu'ils forment la littérature
normâle d'aujourd'hui. Écrit à la première personne (ça fait encore plus
authentique!), La Vie rêvée de sainte Tapiole vous apparaîtra sans
aucun doute comme une bouffée d'oxygène au milieu des fictions disponibles sur
le marché de la littérature bien-comme-il-faut et vous procurera une réelle
jouissance intellectuelle (si, si!!). Cette lecture vous fera autant de bien
qu'une séance chez une esthéticienne renommée. C'est dire...!!
On n'échappe pas à son destin. Le héros du roman d'Hervé Brizon,
orphelin recueilli par un homosexuel, puis élevé par un couple de lesbiennes,
rêve de devenir la plus grande des tapioles. Son vœu sera comblé, puisque désigné
comme l'Elu par une mystérieuse annonciatrice, il sera le fer de lance d'un
groupuscule terroriste, luttant contre la société hétérosexuelle.
Bien sûr, on a tendance à s'identifier à l'héroïne mais c'est parce qu'au
delà de l'histoire de ce personnage, le livre parle aussi de cette histoire
commune à toutes les Tapioles et qui est proche de nous. Il y a plein de
thèmes abordés comme par exemple l'image du prince charmant, la bisexualité,
les violences homo/lesbophobes, les amours pour les garçons, la radicalité
sexuelle et la haine d'une société hétéro qui visiblement emmerde à la fois
l'auteur et l'héroïne.
Tout ça fait de ce bouquin un roman délicieusement non-normal raconté avec un
humour et un cynisme qui fera plisser votre lifting plus d'une fois. Bref ce
roman hypeeer drôle est un réel bonheur et on a vraiment les boules quand ça
s'arrête. Â lire et à relire quand vous n'en pouvez plus des hétéros qui
gravitent autour de vous. Ça vous donnera peut-être des idées radicales pour
y remédier ! Aujourd'hui épuisé, ce livre exceptionnel est
malheureusement difficile à trouver mais il vaut la peine d'être cherché.
Hervé
Brizon, La Vie rêvée de sainte Tapiole,
Paris, éditions Balland, Collection Le Rayon, 2000, 172
pages.
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Corinne
Gaudefroy, coiffeuse pour dames
par Christel
Marque
Bien
que Coiffeuse pour dames
soit le premier roman de Corinne
Gaudefroy, celle-ci n’en
est pas à son premier coup littéraire. Elle a en effet participé au recueil
de nouvelles Gris-gris,
fétiches et porte-bonheur
dans lequel elle a publié Le
Sortilège de Tchin-Ti Wang.
À l’écoute de ses personnages, Corinne
Gaudefroy
s’est laissée guider par leurs voix pour nous raconter une histoire, celle d’une
coiffeuse pour dames qui navigue dans les eaux troubles de l’amour.
La
quarantaine passée, Emma Genêt tient un
salon de coiffure en banlieue parisienne. Un de ces petits salons sans
prétention où se rencontrent toutes les vieilles dames du quartier. Bien que
très appréciée pour sa gentillesse et sa disponibilité par sa clientèle,
Emma se débat dans le désert de sa vie amoureuse. Jusqu’au jour où elle
rencontre Julie, sa jeune et belle apprentie nouvellement engagée.
Immédiatement séduite, Emma s’empêtre dans des sentiments confus et
contradictoires, renouant avec cette agitation des sens que nous avons tous
connue un jour ou l’autre à l’adolescence.
Mais c’est sans compter sur son amie Ponine, qui virevolte de cœurs en corps,
et sur sa voisine Alice, une septuagénaire aux mœurs dissolues qui réserve
bien des surprises à sa coiffeuse. Poussée par ses amies à vivre pleinement
ses sentiments pour la jeune et magnifique Julie, Emma parviendra-t-elle à
vaincre ses démons de timidité, à faire taire ses fantômes qui la hantent
depuis de trop nombreuses années ? Et surtout réussira-t-elle à oublier
Elin, son premier et grand amour ?
Un roman frais et captivant qui nous ouvre les portes d’un salon de coiffure
somme toute banal où l’agitation des sentiments et l’éveil des sens l’emportent
sur la morosité de la vie en banlieue ; où des amitiés se nouent et
évoluent au-delà des premières impressions.
Un roman tout en finesse où Corinne Gaudefroy
a su décrire à merveille la complexité des relations amoureuses, le deuil
difficile des amours passées et l’espoir toujours renouvelé de lendemains
meilleurs.
Corinne
Gaudrefroy,
Coiffeuse pour dames, roman,
éditions La Cerisaie, 2007, 608 pages, 23.50 €.

Éric
Jourdan ou le garçon de joie
par
Thierry Zedda
La
constance avec laquelle sont publiés ces dernières années les romans de Eric
Jourdan, qu'il s'agisse d'inédits
ou de réédition, en fait un des auteurs phare de la littérature gay
contemporaine. Suivant de près Aux
gémonies, le dernier titre
en date est Le
Garçon de joie,
paru aux éditions La Musardine.
Le
Garçon de joie raconte la vie de Didier, jeune homme à la beauté
renversante, qui sème le trouble tout autour de lui. Son physique est une arme
diabolique. Prêt à tout pour faire sa place dans la haute société, il se
trouvera pris au piège de ses propres intrigues. C’est le récit tragique d’un
énorme gâchis, celle d’un homme en quête de lui-même, à la recherche de l’amour,
un être humain au destin saccagé par l’orgueil et la souffrance au cœur d’un
univers cruel. Mais c’est aussi le récit du désir à l‘état pur.
A la fois roman fleuve et drame psychologique, intrigue policière, suspens et
étude de mœurs, Le Garçon de joie est une histoire d’amour qui
mélange les genres avec un bonheur inégalé. L’espace temps pratiquement
gommé offre davantage d’intensité à des intrigues amoureuses qui s’entremêlent
dangereusement. Ici, désirer et être désiré peut s’avérer la pire des
armes, l’ultime châtiment, la perdition ou la porte ouverte vers le salut. Un
instant, on croit flirter avec les liaisons dangereuses. Les tentations, les
jalousies et les haines se marient fiévreusement avec le sentiment d‘amour
absolu. Un instant seulement… Il en reste cependant quelques saveurs exquises.
Tous les ingrédients qui composent l’univers familier de Éric Jourdan
se retrouvent dans ce nouveau roman : deux garçons, une fille, la mort, l’amitié,
la trahison, la découverte du corps, l’amour enfin trouvé, des personnages
hauts en couleurs... Au bout du compte, Le Garçon de joie est un récit
passionnant au style magnifique, qui tient en haleine le lecteur du début jusqu’à
la fin. La grande force de Jourdan réside indéniablement dans sa
capacité à se renouveler à chaque fois. Malgré des sujets sensiblement
identiques d'un roman à l'autre, cet auteur parvient toujours à insuffler à
ses personnages une puissance et une dimension charismatiques qui nous
entraînent avec eux au bout de leur enfer. On les suit, chancelant, troublé,
définitivement conquis. Jourdan est incontestablement un des grands
romanciers de son époque.
Eric Jourdan, Le
Garçon de joie, éditions La Musardine, Paris, 2007, 17 €.
Découvrez
les autres romans de Eric Jourdan : L'Amour
brut, Saccage
, Le
Songe d'Alcibiade, Aux
gémonies
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Vif
succès pour les Rencontres littéraires gay de Playa del Inglés
Communiqué
Les
Rencontres
littéraires gay de Playa del Inglés
se sont terminées le 19 août dernier après deux semaines de festivités et
de découvertes. Dès sa première édition, l’événement a connu une
fréquentation importante et a provoqué l’enthousiasme de tous les
participants. Une nouvelle édition est d’ores et déjà annoncée pour l’année
prochaine.
Mission
accomplie pour les Rencontres littéraires gay de Playa del Inglés qui
ont atteint tous leurs objectifs dès leur première année d’existence.
Rappelons que ce festival socio-culturel avait pour ambition de favoriser la
diffusion et l’accès à la littérature gay mais aussi de faire découvrir
les atouts de Playa del Inglés à une nouvelle gamme de vacanciers. Pour y
parvenir, l’organisateur de l’événement avait misé sur trois axes
forts : la présence d’auteurs et d’éditeurs, la possibilité de se
rencontrer sur une base informelle, et une ambiance festive pour s’amuser et
se divertir. Le public a particulièrement apprécié cette formule novatrice,
à la fois culturelle et détendue, et a répondu massivement aux diverses
invitations qui lui ont été lancées.
Le coup d’envoi du festival a été donné lors d’un cocktail d’inauguration
qui s’est tenu le mercredi 8 août en présence de la romancière d’origine
argentine Susana Guzner, l’invitée d’honneur du festival. Une
semaine plus tard, le 15 août, se tenait l’événement principal des
Rencontres, une soirée exceptionnelle qui a réuni pas moins de cinq
auteurs : Michel Giliberti, Michel Aurouze, Pierre
Salducci, Didier Mansuy et Olivier Autissier, ainsi que Jean-Charles
Fischoff, directeur des éditions Bonobo. Ces réceptions ont
également servi de cadre au vernissage des expositions de photos et de peinture
consacrées aux artistes Victor Saavedra, Miguel Barroso, Yvon
Goulet et Jacques Maudhuit. À noter enfin que le vendredi 17 août,
un hommage particulier a été rendu à l’écrivain français Roger
Peyrefitte qui aurait eu 100 ans à cette date.
Au cours de ces deux semaines de festivités, les participants ont pu découvrir
la capitale de Gran Canaria grâce à l’excursion Las Palmas by night qui
était accessible pour la première fois en français. Une sortie en catamaran
au large des cotes canariennes a également été organisée. Parallèlement,
les festivaliers ont pu écouter divers textes enregistrés de l’écrivain
canadien Réjean Roy et visionner deux vidéos du sociologue français Eric
Foucault. À signaler pour finir que le film La Révolution du désir
a été ajouté à notre programmation à la dernière minute grâce à la
collaboration amicale de la société Hystérie production.
Compte tenu du succès, les organisateurs du festival ont déjà décidé de
reproduire l’événement l’année prochaine, avec encore plus d’auteurs,
plus d’éditeurs, plus d’activités et bien sûr, plus de participants. La 2e
édition des Rencontres littéraires gay de Playa del Inglés aura donc
lieu en août 2008. Les dates officielles et le nom des nouveaux invités seront
annoncés rapidement.
Les
1res
Rencontres
littéraires gay de Playa del Inglés ont été
présentées en
partenariat avec
travels et avec le
soutien de

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