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Décembre 2005 - Numéro 31 - 3e année ©

 

Au sommaire de ce numéro :

 

 

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Madeleine Wickham fait un drôle de mariage
par Pascal Eloy

Madeleine Wickam, journaliste financière londonienne est mariée à un chanteur d’opéra. Sous son propre nom ou sous le pseudonyme de Sophie Kinsella, elle a publié avec succès plusieurs romans.

Dans Drôle de mariage, qui date de 2001, Milly, jeune fille gâtée de dix-huit ans joue les femmes affranchies et rencontre un couple d'homosexuels, Rupert et Allan dont elle devient rapidement l’amie. Lorsqu'Allan, américain, lui demande de l'épouser pour lui permettre de rester en Angleterre, elle accepte et se retrouve mariée avec quelqu'un qu'elle ne connaît que depuis quelques jours. Ensuite, elle rentre chez elle et oublie ce mariage.
Dix ans plus tard, la jeune femme est sur le point de se marier avec l'homme qu'elle aime, Simon Pinnacle, fils d'un milliardaire. Sa mère Olivia prépare ce mariage comme s’il était sa seule raison de vivre jusqu’au jour où le pasteur qui va célébrer la cérémonie apprend que la mariée est déja mariée. Comme elle n’en a jamais parlé à personne, l’horreur commence, les masques tombent et le mariage semble de plus en plus compromis.
Drôle de mariage est un roman étonnant et hilarant que l’on dévore de bout en bout. En effet, l’auteure y décrit le ridicule d’une certaine bourgeoisie anglaise et le réalisme de ses portraits fait qu’on s’y attache, passant ainsi du rire aux larmes. Toutefois, sous cet aspect comique, la question de l’acceptation de l’homosexualité est posée avec beaucoup de finesse, de réalisme et de sensibilité. Finalement, on y découvre, mais est-ce réellement une surprise, qu’on ne peut être heureux si on ne s’accepte pas tel que l’on, hétérosexuel ou homosexuel.

Madeleine Wickham, Drôle de mariageroman, éditions Belfond, 2005, 278 pages, 17.53 euros.

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François Harray se change en corsaire
par Thierry Zedda

Né en 1962 à Bruxelles, François Harray, est devenu une personnalité de la lecture G&L dans le monde Francophone puisqu'il est à l’origine de la collection Thé glacé (éditions Biliki), des ouvrages de qualité dont le fil conducteur semble être avant tout la liberté d’expression, la générosité aussi. À l’image de sa propre vie, puisqu’il préféra prendre des distances avec son métier d’orthophoniste pour mieux se rapprocher d'êtres plus fragiles encore, toxicomanes ou ados sur le fil du rasoir. Il vient de publier son premier roman aux éditions Cylibris.

Dans Le Corsaire, on ressent d’emblée le souffle des identités que François Harray a croisé au cours de sa vie. Elles sont la sève de cet ouvrage. Nous suivons Maximilien pour un long voyage surréaliste le menant de Marrakech à Istanbul, aux côtés de Cem, jeune adolescent qu’il s’est promis de ramener à sa mère, Aicha « la possédée ». Commence alors une descente en enfer baroque et hallucinée comme celle d’un sevrage. Un vaste puzzle éparpillé dont chaque apparition devient un élément crucial. Maximilien part à la rencontre des fantômes de ses amants, de son frère et de sa mère, tous disparus, mais surtout de lui-même. L’oeuvre est singulière, sans compromis d’aucune sorte. Un ovni. Les personnages s’entremêlent, les sentiments tout autant. A la fois roman et conte se lisant aussi tel un journal. Les mots sont précis. L’écriture est riche et précieuse comme pour éviter tout superflus littéraire. C’est un acharnement à la survie, saignant comme la lame d’un sabre.
François Harray est un homme habité de mille histoires. Belles et enivrantes. Mystérieuses aussi. Comme celle de cet homme au destin brisé qui ose s’aventurer au cœur de ses entrailles. Il nous parle de la vie et de ses brisures mais au détour d’une page surgit soudain un frisson qui réveille en nous les senteurs de nos émois adolescents. C’est cela la force de cet écrivain. Le chaud et le froid d’une justesse à aucun moment pathétique. Le Corsaire est un livre passionnant. Il se lit et se relit en offrant à chaque fois de nouvelles interprétations. Semblable à une page blanche tendue comme un miroir face au lecteur. C’est un livre qu’on garde, posé pas très loin, et dans lequel on se replonge, à l’infini. Du pur bonheur.

François Harray, Le Corsaireroman, éditions Cylibris, 2005, 155 pages, 17 euros.

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Nouvelle librairie gay / lesbienne à Paris
par Didier Roth-Bettoni

Les librairies homos se comptant sur les doigts d’une main dans la capitale française, chaque nouveau lieu est l’occasion de se réjouir.

Voici donc dans le XXe, à côté du Théâtre de la Colline, une nouvelle adresse ouverte depuis juin, Altérité, librairie de quartier aux choix exigeants et de qualité au sein desquels la littérature étrangère se taille la part du lion. Et le rayon LGBT ? Il est partout.
Mireille et Anne-Laure, qui ont fait le pari de créer ce lieu, ont choisi de proposer un nombre considérable d’ouvrages gay et lesbiens dans chacune des sections où se répartissent les 3000 titres disponibles chez elles. Pas de rayon gay immédiatement repérable, mais une imprégnation générale du fonds, entre nouveautés et références incontournables. Chez Altérité, on trouve des livres donc, des bons et les bons conseils qui vont avec, et tout ce qui accompagne la vie des livres : des rencontres avec des auteurs, des lectures, un club de poésie… Et puis on peut siroter un thé aussi, ou un café, en feuilletant un bouquin. Une bonne adresse chaleureuse et très fréquentable, à noter dans son petit carnet.

Librairie Altérité, 9 rue des Gâtines, 75 020 Paris.

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Le roman d'une génération gay et lesbienne
Par Erwan Chuberre

Un véritable phénomène vient de balayer la rentrée littéraire gay et lesbienne de cet automne. Précédé par un rumeur excellente, Génération Arc-en-ciel est un roman écrit à quatre mains par deux auteures, Cécile Bailly (à qui l’on doit  Le Paradis de Paco) et Grib Borremans. Fait à souligner, il s'agit du premier roman qui s'adresse à la fois aux gays et aux lesbiennes. Et comme si ce n'était pas assez, le succès est au rendez-vous et les deux auteures ont déjà participé à de nombreuses rencontres et séances de signature dans les librairies. On les a vues à Lille, Paris, Besançon, Marseille... Le début d'un véritable engouement pour ces Chroniques de San Francisco à la française ?

Adeptes de la plume légère et du bon mot dynamique, Cécile Bailly et Grib Borremans nous invitent dans ce premier épisode à suivre les rocambolesques aventures des habitants du Georges XI, un F4 situé à deux pas du faubourg Saint-Antoine, dans le quartier de la Bastille où co-habitent Alix, une lesbienne un chouia rentre-dedans, Simon, le beau gosse qui ne cesse de se poser des questions existentielles sur l’amooouuur , Clémentine, l’hétéro au cœur d’artichaut vouée corps et âme à la cause gay et Claude, l’androgyne dans toute sa splendeur ! Rajoutez à ce petit monde une ribambelle de personnages secondaires à l’importance non négligeable et vous obtiendrez la substance Génération Arc-en-ciel, un roman à tiroirs qui nous fait tantôt sourire, des fois rire et même souffrir aussi… Vivre, quoi !
Si l’on peut saluer le travail phénoménal de la structure qui nous fait fatalement penser aux célébrissimes Chroniques de Sans Francisco d’Armistead Maupin, le lecteur peut à certains moments être déstabilisé par l’accumulation d’informations sur l’histoire de la vie LGTB et par le côté militant un peu réactionnaire qui alourdissent à certains moments le rythme du roman. Néanmoins, rassurez-vous, une fois ce côté « livre d’histoire » oublié, la lecture de ce roman destiné – fait rare - autant aux gays qu’aux lesbiennes est un magnifique message de tolérance intercommunautaire soutenu par des personnages hauts en couleurs qui s’enlisent dans des situations proches du bon sitcom sans jamais virer dans la caricature… à part peut-être pour les personnages hétérosexuels qui se font cisailler l’âme par les griffes aiguisées de nos deux écrivaines ! Mais bon, pour une fois que ce n’est pas l’inverse… mieux vaut en rire, n’est-ce pas ? À noter que le livre est sorti avec deux couvertures au choix.

Cécile Bailly et Grib Borremans, Génération Arc-en-ciel, éditions gaies et lesbiennes, Paris, 2005.

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Rencontre avec Cécile Bailly et Grib Borremans
Entrevue : Erwan Chuberre

Que l’on soit Paul ou Pauline, gay ou lesbienne, bear ou travesti… la seule direction à prendre pour cette fin d’année est celle de cette Génération Arc-en-ciel en attendant de s’envoler pour un deuxième épisode ! Mais chut… Place à présent à notre entrevue. Action !

- Pourquoi avoir choisi d’écrire ce roman à quatre mains ? Y a-t-il eu un réel partage des tâches ?

Cécile :
Nous aimons travailler ensemble. Ce n’est pas le premier projet que nous entreprenons toutes les deux. Écrire un roman à quatre mains était un défi intéressant, surtout pour moi qui ai écrit cinq autres romans, seule. Je n’avais jamais envisagé l’écriture de fiction sous une autre forme. M’engager avec Grib dans une telle aventure était un challenge que je voulais relever. Quant au partage des tâches, il a bien sûr été équitable.

Grib :
Nous sommes complémentaires. Écrire à quatre mains ne peut être qu’enrichissant. Nous avons pris beaucoup de plaisir à travailler ensemble, et quand on prend soi-même du plaisir, on a des chances d’en donner aux lecteurs et lectrices. Il y a en effet un réel partage des tâches : Cécile a une écriture à la base plus profonde, tandis que j’ai une certaine maîtrise de la comédie. On a mélangé les genres !

- Génération Arc en ciel est un roman à tiroir, très bien réussi… Le travail de la structure s’est fait comment ?

Cécile & Grib :
Il s’est fait d’abord par un gigantesque brainstorming, sur plusieurs jours. On a jeté les idées qui nous venaient concernant les personnages. Ensuite, comme nous avions pris le parti de raconter ce premier épisode sur l’année 2004, il fallait dessiner la trame autour des événements réels de cette année-là. Enfin, nous avons découpé l’histoire en chapitres chronologiques (de un ou deux mois) et introduit des sous-chapitres assez courts faisant intervenir les différents personnages. L’idée étant de ne pas lasser le lecteur, de ne pas le larguer non plus à travers les péripéties des uns et des autres. Concrètement, les murs de l’appartement ont été recouverts de panneaux, calendriers et post-it pendant des semaines !

- Ce côté sitcom réjouissant vous donnerait-il l’envie d’en faire un scénario ?

Cécile & Grib :
On y pense très sérieusement, surtout avec les retours qu’on a des lecteurs et lectrices qui réclament une série ! Mais il faut trouver un producteur, ce qui n’est pas simple. D’ailleurs, avis aux amateur-trices !

- Ne craignez-vous que l’on vous reproche un côté démago lors de certains passages ? ( Pink Tv, Le Rainbow Attitude, la conscience politique gay…)

Cécile :
Il aurait été démago d’écrire un dialogue sur Pink tv par exemple dans lequel tous les personnages se réjouiraient sans critique de la nouvelle chaîne. Or, nous avons justement repris dans nos dialogues les polémiques qui agitent les homos : certains applaudissent, d’autres attendent de voir, d’autres encore ne sont pas d’accord. Ces dialogues, nous les avons tous et toutes plus ou moins eus avec des ami-es, des relations. Idem pour le mariage de Bègles, le salon Rainbow ou la conscience politique gay : certains de nos personnages sont des militants actifs tandis que d’autres n’ont aucune conscience politique. Entre eux : des dialogues.

Grib :
Quoi que l’on crée dans un milieu, on sera toujours taxé de démago ou d’opportuniste, voire d’autre chose encore. C’est bien dommage. Si on n’avait parlé ni de Pink tv, ni du Rainbow, ni de ci, ni de ça, on nous l’aurait reproché autrement. Ce que nous avons voulu faire avec Génération arc-en-ciel, c’est offrir un récit qui reflète la vie des un-es et des autres, tout en étant dans la comédie.

- Une suite est-elle prévue ?

Cécile & Grib :
Bien sûr ! L’épisode 2 sort en octobre 2006. Il se déroulera pendant l’année 2005. Nous avons d’ailleurs laissé quelques questions en suspens afin de faire durer le suspense… et le plaisir !

Les auteures disposent également d'un blog qu'on peut consulter à cette adresse : http://generationarc-en-ciel.blogspirit.com


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ThéGlacé perd son directeur de collection

Dans un courrier officiel daté du 27 novembre 2005, François Harray annonçait sa démission de la collection gaie ThéGlacé, qu'il dirigeait depuis 1988 et qui avait récemment intégré les éditions Biliki.

Chers Amis, chers sympathisants de ThéGlacé,
Via ce courriel, je vous annonce que j’ai décidé d’arrêter mes activités en tant que directeur de la collection ThéGlacé pour des raisons personnelles. À partir de ce jour, Patrick Lowie, responsable des Éditions Biliki qui a repris avec beaucoup de succès notre collection, sera votre seul interlocuteur. Je tiens au passage à remercier les fidèles amis qui m’ont soutenu dans cette aventure depuis 1998 ! Aventure qui a été fichtrement fructueuse puisqu’elle continue de plus belle. Je tiens également à remercier tout particulièrement les membres/amis bénévoles et dynamiques du comité de lecture ainsi que Dominique De Brandt, créateur et gestionnaire de notre très beau site ThéGlacé. Enfin, je remercie tous nos auteurs qui ont bien voulu nous faire confiance ainsi que les journalistes/chroniqueurs qui ont bien voulu mettre leur plume au service de nos publications. Enfin, je m’en voudrais si je ne saluais pas au passage les libraires qui nous ont généreusement soutenus. J
e suis très fier du travail que nous avons fourni tous ensemble.

Interrogé lors du salon du livre de Montréal en novembre 2000, Patrick Lowie avait présenté la collection ThéGlacé en ces termes :
« ThéGlacé est jeune mais elle comblait un manque dans les maisons de littérature belges». C'est que, à l'encontre de la collection Le Rayon chez Balland en France ou, plus près de nous, la collection L'Heure de la sortie chez Stanké, la Belgique n'avait pas d'éditeur spécifique réservé à la littérature gaie. « La création de cette maison a relancé le débat sur l'existence d'une littérature gaie, explique-t-il. Je crois qu'il y a une littérature féministe donc, je crois qu'il y a aussi une littérature gaie qui demande à être publiée. » ThéGlacé, un collectif d'écrivains, n'a pas toujours été bien reçue et certains journaux « n'ont pas voulu en parler » donc, en ce qui a trait aux médias « il y a aussi une difficulté à faire connaître la littérature en général et la littérature gaie en particulier et il faut que les médias fassent leur part ». Le genre éprouve des difficultés de diffusion : « Partout on me dit qu'on ne sait pas comment les gens vont la recevoir, que c'est une littérature particulière, comme si les livres de cuisine n'entraient pas dans une catégorie de littérature particulière», de rétorquer l'auteur et éditeur belge. [Entrevue Michel St-Laurent pour D-G-Q.]


 


Entrevue avec François Harray
par Pierre Salducci

L'éditeur et romancier belge s'exprime sur son départ de chez ThéGlacé et sur la publication de son premier roman.

Vous êtes directeur de la collection ThéGlacé publiée par les éditions Biliki, depuis combien d’année existe cette collection, quel est son parcours et d’où est né l’envie de la créer ? Comment en êtes-vous venu au métier d’éditeur ? Quel bilan faites-vous de cette aventure au bout de toutes ces années ? Avez-vous le sentiment d’avoir découvert ou lancé des auteurs ? Êtes-vous particulièrement fier de certains titres et pourquoi ?

C’est en tant qu’ex-directeur de la Collection ThéGlacé que je vais m’exprimer dans cet article puisque je viens d’arrêter il y a peu, pour des raisons personnelles, mes activités chez Biliki. Ceci précisé, j’ai en effet créé ThéGlacé en 1998 avec quelques amis. À l’époque, nous n’avions aucune expérience dans le domaine de l’édition. Nous avons débuté en arpentant les rues et librairies de Bruxelles avec des sacs en plastique rempli de nos deux premiers livres fabriqués en fonds propres. Suite à un article dans Le Soir, le journal le plus important en Belgique francophone, les Éditions Labor nous ont repérés et intégrés parmi leurs diverses collections. Nous avons travaillé en leur compagnie jusqu’en 2004, avant de rejoindre les Éditons Biliki, fondées par Patrick Lowie, ami et auteur, entre autre chez ThéGlacé. Petit à petit, ceci sans prétention aucune, un confidentiel succès s’est imposé dans le milieu littéraire belge, français et québécois.
L’envie d’éditer des fictions à orientation LGBT correspondait à un impérieux besoin de diffuser des textes qui soient proches de la communauté gaie. Nous ressentions la nécessité de consolider notre identité grâce à un langage qui nous est proche, mais aussi de tenter modestement de la libérer chez les jeunes homos, via cette littérature spécifique. Je pense que l’adolescent – le futur homme - se construit entre autre à l’aide de la lecture qui est une excellente école de vie. Cette évidence ne nous a pas cloisonnés pour autant dans un ghetto, comme d’aucuns tentent de nous le reprocher. Bien au contraire, nous sommes restés à tout moment ouverts avec beaucoup de vigilance aux autres communautés, quelles qu’elles soient.
Ce fut pour moi une aventure ébouriffante qui m’a permis surtout de vivre cet instant unique, sinon magique, de pouvoir découvrir un Auteur et de faire éditer son bébé nouveau ! Actuellement, la Collection se porte très bien avec plus de neuf titres. En outre, elle se trouve en d’excellentes mains chez Biliki. Le dernier né, Ton Aile de Benoit Charuau, obtient un excellent accueil littéraire au sein de la presse spécialisée et du public.

Vous venez de publier un premier roman chez Cylibris, pourquoi avoir choisi de le faire paraître dans une autre maison que la vôtre ? A-t-il été difficile de trouver un éditeur ?

Lorsque j’ai terminé Le Corsaire, j’ai remis le manuscrit anonymement à mon propre comité de lecture ! Bien que quelques-uns de mes amis aient repéré l’entourloupe, non sans me bluffer à leur tour par après, ce dernier fut largement apprécié. Étant mal à l’aise à l'idée de m’autoéditer, peut-être par orgueil, j’ai désiré qu’il soit choisi par des professionnels qui ne me connaissaient pas. Je voulais qu’il soit élu de part ses qualités intrinsèques et non grâce à mon statut de directeur de collection. Je l’ai alors envoyé à plusieurs éditeurs dont Cylibris, maison d’édition où je n’avais aucune entrée. Il m’était essentiel d’être considéré comme un auteur à part entière et, donc, de suivre la filière comme quiconque. Et … cela a marché ! J’en suis ravi !
En ce qui concerne l’écriture du Corsaire, ma motivation semi-consciente était d’exorciser un ténébreux passé à l’instar de Maximilien, le héros. Il fallait que j’enterre, ou plutôt engloutisse à travers une fiction un tantinet surréaliste - où la plupart des personnages sont inventés - quelques vieux fantômes adulés. Je dédie principalement ce livre à mon frère Christophe, aujourd’hui disparu, dont la présence se love en permanence dans ce roman. Ceci dit, malgré une narration d’apparence apocalyptique, ce livre reste résolument optimiste par rapport à une certaine essence humaine. Il croit au destin qui, s’il est capté au bon moment à bon escient par l’Homme, peut devenir un outil d’ouverture vers de nouveaux horizons parfois impromptus qui réconcilient l’âme, en tout ou en partie, avec l’existence.

Quel bilan faites-vous suite à la sortie de ce livre ? Comment trouvez-vous l’expérience de la publication du côté de l’auteur et non plus du côté de l’éditeur ?

Les critiques reçues jusqu’à présent sont globalement positives même si ce livre présente des défauts inhérents à tout premier roman. Je pense qu’il est possible de faire mieux, qu’il faut absolument faire mieux ! Je suis de ce fait en train de commencer un nouveau roman qui sera tout à fait différent dans sa structure de narration, puisqu’il va s’agir d’un huis-clos déjanté qui est bien loin des grands espaces que parcours Maximilien dans Le Corsaire. Tout se passera dans une chambre noire. À suivre…

François Harray, Le Corsaireroman, éditions Cylibris, 2005, 155 pages, 17 euros.

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Club de lecture pour gays et lesbiennes à Montréal

La librairie Serge et Réal annonce la création d'un club de lecture pour gays et lesbiennes.

Selon Charles Bergeron, responsable des activités et de l'animation, « l'objectif du club de lecture est de rassembler et de favoriser l'échange entre amant(e)s des réalités littéraires GLBT ». Les participant(e)s décident ensemble de titres qu'ils aimerait lire et dont ils voudraient discuter en groupe. Les réunions, qui ont lieu à la librairie même tous les deux mercredis à 18h30, sont l'occasion de partager son point de vue sur sa lecture et de s'enrichir du point de vue des autres. Par ailleurs, avantage non négligeable, il est maintenant décidé que les membres du club de lecture profitent d'un rabais de 10% à l'achat des livres sélectionnés aux fins des activités du club. Deux rencontres ont déjà eu lieu: une à la fin du mois de septembre, pour lancer les activités du groupe, et une autre début novembre, pour partager nos impressions à propos de deux titres: Mes Parents  de Hervé Guibert et Being at Home with Claude de René-Daniel Dubois. Le sujet n'étant pas épuisé, la discussion à propos de l'oeuvre de Dubois s'est poursuivie lors de la rencontre du 30 novembre. Le prochain rendez-vous du club de lecture est fixé au 14 décembre pour discuter du roman Confession d'un masque de Yukio Mishima. Les libraires Serge et Réal veulent faire de leur librairie un lieu de réflexion que la communauté GLBT pourra s'approprier. Joignez-vous à eux et venez contribuer à la synergie !

En apprendre plus : http://www.realetsergelibraires.com/

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Pour 2 DVD GAY TIGER PROD achetés le troisième est offert.


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