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18 Août 2005 - Numéro 28 -
3e année ©
Au
sommaire de ce numéro :
Acheter les livres en ligne
L’Homme
qui aimait Yngve, de Tore Renberg
par
Jean-Sébastien Vallée
Jeune
auteur dans la trentaine, également musicien et chroniqueur, Tore
Renberg a
déjà publié une dizaine de livres. Avec ce roman, nouvellement traduit en
français par Alex
Fouillet,
l’auteur aborde les aventures d’un jeune homme de 17 ans aux prises avec des
sentiments troublants pour un autre garçon. Unanimement encensé par la
critique norvégienne lors de sa sortie en 2003, le roman de Tore
Renberg n’a
pas fini de faire parler de lui puisque L’homme
qui aimait Yngve
sera bientôt porté à l’écran.
L’action
se situe à Stavanger, une petite ville pétrolière de Norvège, au début de l’année
1990. Jarle Klepp, étudiant au lycée, profite de la vie au maximum en
compagnie de sa copine Katrine et de son ami Helge. Au cœur d’une époque
secouée par les nouvelles relations Est-Ouest, Jarle tient des propos
anti-capitalistes, fume du hasch et joue de la musique dans un groupe hard-rock
(le Mathias Rust Band). Il vit avec sa mère Sara, une femme candide, récemment
divorcée.
Le quotidien de Jarle est tout à coup bouleversé par l'arrivée au collège du
bel Yngve, un garçon fort énigmatique. Les sentiments singuliers que Jarle
éprouve à l’égard de ce jeune éphèbe l’exaspèrent et lui font peur.
N’est-il pas amoureux de Katrine ? Pourquoi désire-t-il embrasser à tout
prix la bouche séduisante de ce garçon ? Comment peut-il se rapprocher de
Yngve sans éveiller les soupçons ? La vie de Jarle est en train de changer du
tout au tout. Mais le mystérieux Yngve dissimule un secret. En effet, derrière
son regard intense et son attitude de solitaire se cache une vérité
consternante.
Plusieurs personnages attachants viennent se greffer à l’histoire, dont
Adreas, guitariste pour le Mathias Rust Band ou encore Ragnhild, l’éternelle
amie de la mère de Jarle. L’intrigue demeure très prenante puisque, au cours
des nombreux chapitres, on cherche à comprendre le secret qui entoure la vie de
Yngve.
Touchant, intelligent, et simple, le roman de Renberg
met l’accent sur des préoccupations actuelles, en l’occurrence, les
relations d’amitié et d’amour et les liens familiaux. En plus de nous faire
réfléchir, le discours du personnage principal au sujet de la vie, de l’homosexualité
et du capitalisme est souvent chargé d'humour. On a cependant l’impression
que certains commentaires se répètent dans les chapitres subséquents, il n’en
demeure pas moins que le livre mérite toute l’attention qu’on lui a portée
dernièrement.
Reconnu dans son pays d’origine, la Norvège, Tore
Renberg
fait une entrée spectaculaire dans le monde francophone. On attend déjà avec
impatience son
prochain roman qui, selon les éditions ODIN, devrait porter sur l’épisode
précédant L’Homme
qui aimait Yngve.
Tore
Renberg, L'Homme qui aimait Yngve, roman,
Odin éditions, 2004, 402 pages, 32.95 $, 19.95 euros.
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Je
dis tue à tous ceux que j'aime, de Olivier Sillig
par Alain Lefebvre
Peintre,
écrivain et scénariste, Olivier Sillig est
né en 1951 à Lausanne, où il habite toujours. De nationalité suisse et
italienne, il a déjà publié deux romans fantastiques, Bzjeulr
en 2000 et La Marche du loup en 2004, qui
lui ont valu d'élogieuses critiques. Certains ont même dit de lui qu'il
apportait à la science fiction une contribution tout à fait originale. Son
nouveau titre, Je dis tue à tous ceux que j'aime,
vient de paraître aux éditions H&O.
Olivier
Silling nous
plonge encore une fois ici dans le fantastique et la science fiction. Usant
d'une écriture dépouillée, il nous entraîne dans une histoire tout à fait vraisemblable
à première vue, dans laquelle le surnaturel prend place tout doucement,
presque insidieusement. Un homme entre dans un commissariat et avoue avoir tué
quelqu'un. Mais il ne se souvient ni de la personne, ni de pourquoi il aurait tué
celle-ci. La police doute et notre homme va devoir reconstituer son histoire en
retrouvant la mémoire.
Axis Goose, la quarantaine, comptable de profession, se porte volontaire
pour aller livrer un élément de radiateur à un client de la compagnie :
c'est pour lui l'occasion rêvée de prendre un peu l'air... « Transbordement ! »
La voix métallique d’un haut-parleur de gare résonne
distinctement sous le crâne d’Axis Gooze. Dans une petite ville paisible en
banlieue parisienne, semblable à tant d'autres, Axis fait la connaissance d'un
jeune musicien de rue, Bresel. Un garçon irrésistible et énigmatique. Or,
voici que dans les jours qui suivent, la ville se rétrécit, des palissades
poussent comme des champignons, alors qu'aucun chantier ne se cache derrière
elles. Les habitants fuient avant de se retrouver coincés à l'intérieur de la
ville, tandis que personne ne semble s'étonner de ce qui se passe. Cette
ville bouge, se transforme, empêche quiconque d'échapper à son destin
ou à ses désirs. Axis n'aurait-il pas décidé de faire cette livraison
justement pour... aimer Bresel ? Axis a-t-il eu le temps d'aimer Bresel ? Réfléchis,
Axis, essaie de te souvenir... Et tout ce sang partout, d'où vient-il ?
Maintenant, Axis est roulé dans une méchante couverture grise, un peu mouillée
près du cou et qui sent le vomi et l’alcool. Il est posé là, sur une
banquette, comme un paquet, retenu par un coin de mur. À l’instar de
l’homme qui l’interroge, il aimerait bien se souvenir. Un polar haletant et
particulièrement déroutant.
Olivier
Sillig,
je dis tue à tous ceux que j'aime, roman, Editions H&O, 2005,
196 pages, 16 euros.
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Vers
l'indifférence des sexes, de Marie-Blanche Tahon
Marie-Blanche
Tahon est
professeur titulaire au Département de sociologie de l’Université
d’Ottawa. Ses domaines d’étude sont, entre autres, la filiation et les
rapports de sexe. Elle a fait paraître plusieurs livres, dont Sociologie
des rapports de sexe
(2003) et Le
Deuxième Sexe, une relecture en trois temps 1949-1971-1999
(2001).
En
juin 2002, le gouvernement du Québec adoptait le projet de loi 84, instaurant
une union civile ouverte à la fois aux couples homosexuels et hétérosexuels.
Pourtant, le projet de loi qui avait été déposé six mois plus tôt était
beaucoup plus limité et fort différent sur de nombreux points cruciaux. Que
s’est-il donc passé dans l’esprit des législateurs ? Qu’est-ce qui a
fait qu’un projet de loi qui avait pour but de réparer ce qui semblait être
de la discrimination envers les homosexuels s’est mué en une loi qui vient
bouleverser en profondeur toutes les règles de filiation qui avaient régi
notre société depuis des siècles ? Pourquoi de telles transformations sans
qu’il y ait eu l’ombre de véritable débat sur la place publique ?
Pour trouver réponse à ces questions, la sociologue Marie-Blanche
Tahon
s’est penchée sur les discussions tenues en commission parlementaire avant
l’adoption du projet de loi 84. L’examen minutieux de ces échanges, de même
que des parallèles avec les modes de filiation qui ont cours dans les autres
sociétés et une fascinante analyse de l’évolution des rapports familiaux au
cours des dernières décennies l’amènent à poser un regard fort sévère
sur le travail accompli par les politiques dans ce domaine complexe et délicat.
«Les bons sentiments ne sont pas les garants d’une politique bonne », déclare-t-elle.
En effet, la loi 84 instaure une inégalité en accordant aux couples lesbiens
le droit à l’« assistance à la procréation », tout en niant aux couples
formés de deux hommes le droit d’avoir recours à une mère porteuse. Non
seulement cette clause va à l’encontre du but avoué de la loi, qui est de
faire disparaître certaines inégalités, mais elle constitue une régression
pour toutes les femmes qui luttent depuis trente ans pour faire reconnaître que
les discriminations qui continuent à les frapper restent liées à l’idée reçue
selon laquelle une femme est avant tout une mère.
Ce livre, accessible et percutant, propose une réflexion en profondeur sur un
sujet complexe qui touche toute la société.
Marie-Blanche
Tahon,
Vers l'indifférence des
sexes,
Montréal,
éditions
du Boréal, 2004, 214 pages,
22.50 $, 17.75 euros.
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Lola
Van Guardia impose le roman policier lesbien en Espagne
par
Pierre Salducci
Tout
comme le roman policier gai, popularisé par des auteurs comme l'américain Joseph
Hansen ou
le latino Michael
Navas, le
roman policier lesbien est devenu au cours de ces dernières années un
véritable phénomène qui ne cesse de se développer. Déjà, plusieurs pays
ont leurs auteures vedettes comme Maud
Tabachnik
en France, Danielle
Charest au
Québec, Stella
Duffy et Val
McDermid en
Grande-Bretagne. Mais voici qu'à présent l'Espagne s'impose à son tour dans
ce domaine en révélant Lola
Van Guardia,
pseudonyme d'une écrivaine célèbre là-bas, qui a signé d'un coup une
trilogie barcelonaise enfin traduite en français.
L'Inavouable
secret de Karina
Barcelone, vendredi, deux heures et demie du matin. Une ambulance transporte
Adelaida Duarte, la grande diva des lettres lesbiennes, vers l'hôpital. L'auteure
va remonter le cours des événements et nous présenter leurs protagonistes.
Voici Tea de Santos, la célèbre journaliste à la plume trempée dans l'acide,
Remei, la petite villageoise aux rêves hollywoodiens, Nati, la jeune
cyber-hippie aussi tendre qu'obsédée sexuelle... Et bien entendu Karina, qui
garde un secret si lourd qu'il lui fait pleurer toutes les larmes de son corps,
chaque jeudi au téléphone.
Lola Van Guardia
nous plonge dans le petit monde interlope des gays et lesbiennes de Barcelone,
la décadente capitale de la Catalogne. On sent qu'elle le connait bien et
l'apprécie. Elle le peint sans indulgence excessive, avec un certain humour et
une grandiloquence qui peuvent parfois faire penser à Almodovar ou à Woody
Allen.
Lola
Van Guardia, L'Inavouable
Secret de Karina, roman, Éditions
Odin, 256 pages, 17.50 euros.
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Piétinez
pas le gazon !
Dans cette parodie de roman policier, deuxième volet de sa trilogie
barcelonaise - mais qui n'en demeure pas moins un roman autonome - Lola
Van Guardia
et son tourbillon d'héroïnes sont de retour ! Elles étaient différentes,
gentilles, drôles, amoureuses, enthousiastes et inoffensives. Mais quand on
essaie de piétiner le gazon, on prend des risques : elles se rebiffent. Elles
sont en colère. Très en colère. Et armées. Plus de folie, plus de rire, plus
de sexe, plus de flingues...
Lola
Van Guardia, Piétinez
pas le gazon !, roman,
Éditions
Odin, 162
pages, 17.50 euros.
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Dix
Petites Oies blanches
Dix
Petites Oies blanches
est le troisième et dernier volet - mais un roman autonome tout de même - de
la trilogie humoristique espagnole de Lola Van Guardia. Dans ce volume,
la campagne catalane des abords de Barcelone est à l'honneur : les personnages
nous entraînent dans une nouvelle aventure dont le coeur géographique est une
propriété en pleine nature que ses nouvelles occupantes consacrent au tourisme
rural exclusivement féminin.
Nous retrouvons la plupart des protagonistes de L'Inavouable
secret de Karina
et de Piétinez
pas le gazon !,
à la recherche de vacances reposantes et roboratives. Elles vont rencontrer et sympathiser avec
leurs homologues villageoises. Nous y verrons aussi de précieuses
oies et surtout une chatte nommée GataCristi, témoin muet des intrigues qui se
nouent et se dénouent au fil des chapitres.
La ferme sera également le théâtre d'un incendie criminel, d'une disparition
énigmatique, l'enjeu d'intérêts aussi hauts placés que mal intentionnés, et
cette série d'événements finira par monopoliser les énergiques Tea, Mati et
Adelaida, jusqu'à l'habituel dénouement télévisuel.
Lola
Van Guardia, Dix
Petites Oies blanches, roman,
Éditions
Odin, 265 pages,
17.50 euros.
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Montréal
renoue avec les librairies gaies
par
Pierre Salducci
Depuis
la fermeture de l’Androgyne, Montréal est
restée sans librairie gaie pendant plusieurs années. Une véritable aberration
quand on pense au dynamisme et à l’importance de la communauté gaie dans la
métropole québécoise. La création d’un modeste et médiocre rayon de
littérature gaie et lesbienne dans la librairie Renaud-Bray
du Village a réussi à faire illusion pendant quelque temps jusqu’à ce que
la direction retire son soutien à cette initiative et ordonne la fermeture de
tout le département gai, malgré de nombreuses protestations, révélant aux
yeux de tous le mépris qu’elle affiche pour sa clientèle homosexuelle. Mais
voici que la situation pourrait changer d’ici peu puisque pas moins de quatre
projets de librairies ou de rayons gais viennent d’être rendus public en
quelques semaines seulement.
Une
section gaie chez Raffin Plaza Saint-Hubert
Tout
d’abord, on apprenait dans le plus récent numéro de Fugues
(juillet 2005) qu’une succursale des libraires
Raffin
venait de créer une section gaie. Une initiative née avant tout d’une
rencontre, celle de Carole
Laurin
– directrice adjointe de la librairie située sur la Plaza Saint-Hubert -, et
d’Alain
Ayotte,
ex-libraire dans la succursale Renaud-Bray du Village. Carole est experte en
littérature lesbienne et rêve depuis la fermeture de l’Androgyne d’ouvrir
son propre rayon gai et lesbien. « Mais toute seule, je trouvais ça gros »
a-t-elle expliqué au journaliste Patrick Brunette. Quant à Alain, il était
responsable de la section gaie dans la librairie du Village et il a choisi de
démissionner quand il a appris que la direction de la chaîne avait décidé d’abolir
son département. Un geste à saluer ! À eux deux, Carole et Alain forment
indubitablement un duo gagnant et, à ceux qui prétendent qu’une librairie
gaie doit forcément être située dans le Village, rappelons que l’Androgyne
avait pignon sur rue pendant des années sur le boulevard Saint-Laurent !
Jeter
l’encre avec Catherine et Nathalie
À peine cette annonce connue, l’Union
des écrivains gais
était contactée par un couple de jeunes femmes, d’origine française, qui
sont en train de finaliser leur projet d’ouverture d’une librairie gaie et
lesbienne dans le Village. On parle cette fois d’un investissement et d’une
organisation beaucoup plus importants que pour une simple section gaie. La
librairie aurait pour non Jeter
l’encre
et serait située sur la rue Sainte-Catherine Est même si aucun local n’a
encore été rendu public. Pour la première fois, il s’agira d’une
librairie qui vendra également des livres usagés, ce que l’Androgyne n’avait
jamais fait. Une excellente idée, si l’on en croit le succès de toutes les
librairies de livres d’occasion à Montréal, et qui permettra, qui plus est,
de rendre la lecture des livres gais accessible à un plus grand nombre. Les
instigatrices du projet, Catherine
et Nathalie,
sont d’ailleurs à la recherche de livres gais et lesbiens de qualité et en
bon état. L’ouverture est prévue pour cet automne.
Serge
et Réal, libraires
C’est pendant le récent Festival
Montréal en arts
qui s’est tenu du 30 juin au 3 juillet dernier, sur le kiosque de l’Union
des écrivains gais, que le romancier Serge
Brousseau-Morin
a révélé à son tour, et à la surprise générale, son intention d’ouvrir
une librairie gaie à Montréal, une démarche déjà bien avancée en réalité
puisque l’incorporation est terminée et que le local est déjà choisi. Le
projet de m. Morin est sensiblement différent de celui décrit précédemment.
Il s’agit toujours d’une librairie dans le Village, mais située cette fois
sur la rue Amherst, au 1455. La librairie s’appellera Serge
et Réal,
du nom des deux propriétaires. On sait également entre autres que m. Morin a l’intention
de créer un cadre de détente, propice à la lecture, où il sera possible de
consommer un café sur place. L’ouverture est prévue début septembre.
Dans
un communiqué émis le 18 juillet dernier, m. Morin déclarait : « Nous
avons décidé de satisfaire une demande de plus en plus pressante et
croissante. Un créneau restait vide depuis
des années, celui de la librairie gaie et lesbienne. La communauté gay
possède une littérature très riche en romans, nouvelles, essais, philosophie,
psychologie, histoire, livres d’art, et plus… Réal et moi avons pris cette
décision d’un commun accord. Nous serons ouverts six jours sur sept, du mardi
au dimanche. » À noter que cette librairie compte proposer 20 % de
littérature générale et 25 % de livres en anglais. Les 55 % restants seront
constitués de livres gais et lesbiens en français. L'ouverture officielle est
annoncée pour le 6 septembre mais le local ouvrira ses portes plusieurs jours
auparavant.
L’une comme l’autre, ces deux librairies ne disposeront de quelques mois
pour s’organiser et mettre un point final aux installations avant la
déferlante touristique attendue pour Montréal 2006.
Une
section gaie chez Chapters centre-ville
Enfin, c’est toujours sur le kiosque de l’Union des écrivains gais au cours
du Festival Montréal en arts, que nous avons rencontré le gérant de la
librairie Chapters
du centre-ville qui nous informait de la création prochaine d’une section
gaie dans sa librairie. Une autre bonne nouvelle donc. Les livres de nos auteurs
devraient vraiment bénéficier d’ici peu d’une bien meilleure visibilité
au Québec.
Après le retour des librairies gaies, souhaitons maintenant pour Montréal la
création d’au moins une maison d’édition professionnelle gaie ce qui fait
toujours cruellement défaut aujourd’hui.
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Lettre
ouverte de Michel Dorais sur l'homophobie
Une fois le mariage passé...
Maintenant
que le parlement canadien a voté l’ouverture du mariage civil aux conjoints
de même sexe, on célèbre. Non sans raison ; marquante est cette
victoire. Toutefois les acrimonieux débats qui se sont déroulés autour de la
redéfinition du mariage nous rappellent une chose : l’homophobie sévit
toujours.
L’acharnement avec lequel députés conservateurs, dissidents libéraux et
même quelques bloquistes se sont opposés au projet de loi donne à
réfléchir. Sous prétexte de défendre de prétendues valeurs morales ou
religieuses, furent prononcés des discours condescendants, intolérants, voire
méprisants à l’endroit des gais, des lesbiennes, de leurs couples et de
leurs familles respectives. La haine de la diversité sexuelle semble encore
avoir, hélas, de beaux jours devant elle. D’autant plus que ses menaçants
zélateurs, en particulier les Conservateurs, entendent revenir à la charge
pour balayer les droits récemment acquis.
C’est souvent au nom des jeunes que les intégristes religieux combattent la
reconnaissance de droits égaux pour les gais et lesbiennes. Des prêcheurs de
haine aimeraient continuer de leur imposer les préjugés, la peur et la
désinformation qui ont si longtemps prévalu face à l’homosexualité. Cette
tradition fait toujours des dégâts. Depuis la parution de Mort
ou fif,
puis de Sains et saufs,
je ne compte pas les témoignages de jeunes qui me disent combien il est encore
difficile de révéler une orientation homosexuelle. La plupart se découvrent
eux-mêmes dans la solitude, sans information pertinente, trop souvent sans
soutien. Des jeunes issus de l’immigration, notamment, endurent encore le
poids de traditions des plus sexistes et homophobes.
Une nouvelle bataille vient d’être gagnée, mais la guerre à l’homophobie
n’est pas terminée. Les opposants à l’égalité reviendront à la charge,
tel qu’ils le promettent haut et fort. Les intégristes religieux, en
particulier, plus actifs que jamais, ne vont pas désarmer tellement forte est
leur intention de faire prévaloir leurs croyances sur les droits civils.
Fêtons la fierté de leur résister. Mais restons vigilants et combatifs.
Professeur
et chercheur à l’université Laval de Québec, Michel
Dorais
a d'abord été thérapeute avant de devenir sociologue de la sexualité. Il a
publié plusieurs essais et recherches sur la marginalité, la sexualité et la
condition masculine, qui ont eu beaucoup de retentissement au Québec et en
France.

La
littérature gaie à l'heure du fantastique
par
Pierre Salducci
Depuis
plusieurs années, la littérature gaie ne cesse d'explorer de nouveaux genres
comme le polar ou la science fiction. Voici à présent qu'un groupe de jeunes
auteurs a décidé d'innover en publiant une écriture du fantastique qui ferait
la part belle à l'homosexualité, un mouvement encore peu connu mais qui
pourrait être appelé à se développer.
Né
à Saint-Etienne (France), en 1983, Jaime vit maintenant depuis trois ans
en Norvège. Cet artiste multi-disciplinaire - à la fois auteur, photographe et
webmaster, est aussi le fondateur (avec l'aide d'Héré Lys Deslandes)
d'une association à but non lucratif du nom de L'Orchestre Fantomatique
qu'il présente en ces termes : « Notre but est de publier de jeunes
auteurs\artistes touchant aux domaines de l'imaginaires tout en abordant le thème
de l'homosexualité. Nous avons publié une première anthologie l'année dernière
sur le thème des jumeaux, un recueil contenant 5 de mes textes sortira le mois
prochain et une second antho sur le thème des anges en début d'année
prochaine. » Jaime ne doute pas que la relation entre écriture
fantastique et réalité homosexuelle est appelée à se développer et précise
: « Cela fait déjà
quelques années que j'écris, bâtissant un monde que j’affectionne et que
j’essaye de décrire par les mots, par la photographie. Un monde où
l’innocence n’a pas disparu, où l'amour existe toujours, où la beauté
n'est pas liée à la mode,
où les valeurs ne sont pas celles auxquelles nous sommes habitués, et où les
rêves peuvent être réalisés. Des garçons, perdus dans cet univers étrange
et fantastique, peuvent s’aimer... Nous cherchons à nous faire connaître, étant certains que notre
association et nos idées pourraient intéresser plus d'une
personne. »
À 21 ans, le jeune créateur présente déjà un trajet bien rempli. « Je
commence à écrire à l'age de quatorze ans, inspiré par divers auteurs, dont
Poppy Z. Brite qui marquera un tournant décisif dans mon parcours littéraire
deux ans plus tard. Quelques-unes de mes nouvelles voient le jour sous le nom de
M.V. Synthe, puis je m'éloigne des clichés qui marquent ces premiers
textes pour bâtir le "monde" que j'affectionne ; et qui consécutivement
m'est très personnel. Lorsque j'atteins mes vingt ans je décide d'illustrer
mes nouvelles, la photographie se présente à moi, et bien vite deviendra une
passion. Cet art me servira à apposer sur le papier cette beauté masculine
entre "enfance" et "maturité adulte". L'innocence, la
tristesse et l'extravagance de l'adolescence me fascine. » En septembre
prochain, Jaime va commencer une école de photographie à Oslo et
s'apprête donc à rester un an de plus en Norvège.
L'Orchestre
fantomatique (association) : www.orchestre-fantomatique.com
Jaime
(site personnel)
: http://home.no.net/jaimeof
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Nouveau
site Internet pour Erik Rémès
L'écrivain
gay, journaliste et peinte annonce la mise en ligne d'un nouveau site totalement
refondu et enrichi. Le
fameux auteur controversé de Je bande donc je suis et de
Serial
fucker propose à ses lecteurs des centaines de pages en libre accès, dont
:
-Le
journal intime de Berlintintin, weblog du double autofictionnel d'Erik Rémès.
-Le weblog-roman Journal d'un cannibale inspiré librement du cannibale
gay Allemand.
-De très nombreux extraits et critiques de ses 6 livres.
-Des articles de presse et billets d'humeur publiés dans Libération, Nova
Magazine et la presse gay
-Des
articles sur le sida et le bareback.
-Un
guide complet sur la sexualité et les pratiques sexuelles (tiré du Guide du
sexe gay et du Sexe guide).
-Une galerie des ses peintures et créations.
-Un forum et un guestbook (dont certains messages haineux sont parfois gratinés).
Site
Internet d'Erik Rémès : http://www.erikremes.net
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