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15
Février 2005 - Numéro 22 -
2e année
©
Au sommaire de ce numéro :

Le
travelo nommé Daisy de Marc Vaillancourt
par Pierre
Salducci
Ongles
vernis de bleu, cheveux longs, semelles compensées roses et hauts talons, Marc
Vaillancourt est un personnage et un écrivain insolite.
Longtemp confiné dans la poésie, la nouvelle et les essais, il nous livre
enfin un premier roman qui raconte la vie d’un travesti dans un Montral
revisité.
Marc Vaillancourt est né et a grandi à Chicoutimi. À 20 ans, il
est étudiant en mathématique à l’université d’Ottawa et habite la région
de la capitale. C’est là que tout va se jouer pour lui. Un jour, il entre
dans un bar de travestis, Chez Georges, à Hull. Il s’est assis avec
les filles, a discuté avec elles, sympathisé. Puis, de son propre aveux,
« il s’est laissé entraîné de fil en aiguille » et a commencé
à sortir habillé en femme. « Mais seulement la nuit, au début – précise-t-il.
C’était très incongru à l’époque. Surtout à Ottawa ! Mais même au
Québec. C’était peut-être un peu insconscient aussi, et courageux. »
Après ses études, Marc Vaillancourt travaille pour un service du
gouvernement, puis à 40 ans, il quitte l’Outaouais pour s’installer à
Montréal. Il publie ses premiers poèmes dans les revues Moebius et Liberté
et devient écrivain à temps plein. « En fait, explique-t-il, c’est les
éditions Triptyque qui m’ont proposé de faire un livre. Ils m’ont appelé
en me disant qu’ils avaient la possibilité de publier une plaquette de poésie
et j’ai mis le doigt dans l’engrenage… En dix ans, j’ai publié dix
livres. »
Pour Marc Vaillancourt, la poésie est une écriture naturelle, mais
dès le début, il a aussi écrit des contes et des nouvelles. Extrêmement érudit,
l’auteur intègre à ses textes nombre d’allusions et de références à
d’autres auteurs. Il admire tout particulièrement Gabriel Matzneff et cite
les écrivains de l’antiquité en grec et en latin. « Je pense que
j’appartiens à la toute dernière génération qui a connu le collège
classique complet », ajoute-t-il.
Le
premier roman de Marc Vaillancourt porte un titre évocateur Un Travelo nommé
Daisy, allusion à la célèbre pièce de Tennesse Williams « Un
Tramway nommé Désir ». C’est également la première fois que l’écrivain
aborde vraiment le thème du travestisme qui, reconnaît-il, « est une
part importante de mon existence. J’ai voulu livrer un témoignage humain,
faire un compte-rendu de mon expérience personnelle, essayer de voir pourquoi
ça me fascine à ce point, même si je veux que ça reste un mystère, ou une
énigme, de peur de briser le charme… Mais il y a beaucoup de moi là-dedans. Tout
enfant, je revêtais les vêtements de mes soeurs en cachette. C’est plus ou
moins autobiographique. »
Le livre raconte l’histoire du jeune Alexis, 12 ans, qui se voit d’abord
initié aux plaisirs et à la culture par l’abbé Hubert Deschesnes, qui est
son directeur de conscience et son mentor à tous points de vue. Puis, Alexis
quitte Chicoutimi pour Montréal. Il part en stop. Une fois dans la métropole,
il commence tout de suivre à se travestir. Il mène cette existence en
permanence, toute la journée. Quand il est en brune, il s’appelle Daisy ;
quand il est en blonde, il s’appelle Charlotte, et quand il est en rousse, il
s’appelle Hortensia – anagrame de « anti-héros ». À 13 ans,
Alexis se vend. Il n’a pas le choix. Il le fait épisodiquement, c’est son
unique moyen de subsistence. « Mon personnage ne suit pas la même
trajectoire que moi », constate Marc Vaillancourt, même s’il reconnaît
par exemple que « les éléments de la relation avec la mère sont assez
exacts, quand elle joue à la poupée avec son fils, c’était un peu comme ça
chez moi. »
En
observateur attentif et attendri, Marc Vaillancourt suit l’évolution
de son personnage tout au long de sa vie jusqu’à ses cinquante ans. Le récit
se présente sous la forme d’un enchaînement de courtes scènes, de
digressions, de tableaux… « Il y a plusieurs narrateurs, des personnages
qui donnent leur point de vue sur les protagonistes, mais sans intervenir véritablement
dans l’action. C’est une structure éclatée, mais claire pour le lecteur,
un peu comme une peinture cubiste qui montre plusieurs facettes en même temps. »
Dans ce livre, qu’il a mis quatre ans à écrire, l’auteur ne cherche pas à
expliquer. Il veut montrer les choses, reconstituer, transmettre les sentiments,
les réflexions, mais il n’essaie pas de convaincre. Il flirte avec
l’utopie, invente des lieux imaginaires comme la place Gaston Miron et
revendique même une certaine invraissemblance, pour s’opposer à une évocation
trop factuelle de la vie.
Aujourd’hui, Marc Vaillancourt a plusieurs livres en chantier, mais il
nous promet déjà une suite à son livre. « Je n’en ai pas fini avec
Alexis. Il n’a pas encore vécu tout ce qu’il a à vivre et à découvrir.
Dans le deuxième tome, on va revenir sur son enfance, et sur sa vie entre ses
12 et 50 ans. » Il vient également de faire paraître un recueil d’aphorismes sur la littérature
et l’institution littéraire.
Marc
Vaillancourt, Un travelo nommé Daisy, roman,
Montréal, Éditions Triptyque, 2004,
et Au
poil et à plumes, aphorismes, éditions 42e Parralèle, 2004.
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69, rue de la luxure, de Paul-François Sylvestre
par Jean-Sébastien Vallée
Cet
auteur franco-ontarien vit à Toronto après avoir dirigé pendant plusieurs
années la section française du Conseil des arts de
l'Ontario. Il a déjà publié plusieurs essais, poèmes, recueils de
nouvelles et romans. Il est particulièrement impliqué dans la défense des
minorités. Plusieurs de ses livres traitent de l'histoire des franco-ontarien
au cours du 20e siècle. Depuis les années 70, Paul-François
Sylvestre s'est également révélé un auteur gay engagé auquel on doit
des titres essentiels comme Propos pour une libération
(homo)sexuelle ou Les homosexuels s'organisent,
et plus récemment Le mal aimé, Homosecret
et Sissy ou Une adolescence singulière. On peut
retrouver les chroniques et articles de Paul-François Sylvestre chaque mois
dans L'Express de
Toronto.
Le
titre même de ce roman laisse entrevoir un récit consacré aux plaisirs
sexuels. En effet, 69, rue de la luxure, aborde le thème de la
sexualité gaie sans gêne et sans détours. Avec ce huitième roman, publié
aux Éditions du Gref, Paul-François Sylvestre démontre, une fois de
plus, ses qualités en tant qu’écrivain gai.
« Mon cul n’a jamais été rasé et le poil qui
recouvre mes miches dodues est court et dru. Julien y plonge le nez pour
renifler ce qu’il appelle… le parfum du sexe. Ça bat n’importe quel Obsession
ou Eternity.
Émoustillé par l’odeur et la vue de mon cul velu, Julien transforme sa
langue en un dard qui s’insinue dans la craque conduisant au trésor enfoui »
(p. 119-120).
L’histoire
de 69, rue de la luxure se situe à Toronto, dans le village gai. Le
torontois Serge fait la connaissance du québécois Julien sur les marches du
café Second Cup. Leur relation durera l’espace de quelques semaines, au cours
desquelles les deux protagonistes feront l’expérience d’une aventure
purement sexuelle. Dans les saunas, à la maison, en public sur le sling
de l’Aigle noir ou dans une maison de débauche (69, rue de la luxure), les
personnages se laissent aller aux désirs qui les habitent. En solitaire, en
couple ou à trois, la jouissance devient indispensable. En parallèle, on
retrouve également un troisième personnage, Nee Mun, un asiatique, qui observe
de loin, comme un voyeur, le va-et-vient de Serge et de Julien, qu’il surnomme
respectivement « Torse Poilu » et « Jeune Homme ».
Dans
un style évocateur, l’auteur réussit à décrire avec exactitude la vie
sexuelle de deux gais à la recherche de sensations fortes. Paul-François
Sylvestre utilise un langage à la fois drôle et provocateur. Très bon
roman, un peu court peut-être, qui aurait certes gagné à être développé,
et ce pour le plaisir du lecteur qui en demande toujours plus. À signaler
que le dessinateur et illustrateur Christian Quesnel a également participé au
roman. Douze images de style bédé agrémentent l’histoire à plusieurs égards,
toutes très colorées et surréalistes, et donnent au livre un caractère un
peu enfantin.
Paul-François
Sylvestre, 69,
rue de la luxure,
roman, Toronto, Éditions
du Gref, 2004, 190 pages, 22 $.
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La
vie est gay
un
premier roman de Corinne Matthieu
Le
livre des filles qui aiment les filles. Un peu, beaucoup, passionnément, à la
folie.
Ad
est lesbienne, Léa aussi. Clémentine pas du tout. Chloé est encore un peu
jeune, mais elle aimerait bien ressembler à Léa quand elle sera grande. Quant
à Constance, elle ne sait pas trop. Tout ce petit monde court après la seule
chose qui mérite que l'on se fatigue un peu : l'amour. Mais avec Ad le bonheur
est toujours plus compliqué qu'il n'y paraît, surtout lorsque la force des émotions
se heurte à la confusion des sentiments.
"De toute façon, rien que l'idée d'une éventuelle rencontre lui
provoquait un orgasme cérébral par anticipation. Le simple fait de prononcer
ce prénom à deux syllabes, était devenu un préliminaire à toutes les
audaces. S'imaginer la suite, c'était entrer dans une autre dimension."
La Vie est gay est un roman anti-déprime à l'amour et l'humour
ravageurs !
Love Pirates : « Une belle réussite pour ce premier roman. L'écriture
est limpide, drôle, récurrente. [...] Au cours d'un dîner Ad va tomber
amoureuse de la belle Emma et son existence va devenir un enfer. Un enfer qui
nous transporte au paradis de l'humour. En bref si la grisaille hivernale vous
donne le cafard, lisez ce livre et vos zygomatiques reprendront du service. »
La Dixième Muse : « La Vie est gay, avec Corinne
Matthieu, c¹est peu de le dire, tant son roman est désopilant. On nous
conseille de rire trois minutes par jour, après une telle lecture, on peut
tenir jusqu¹au printemps. »
Oxydo : « Les tribulations d'une Bridget Jones
version goudou un rien enragée. [...] Un roman qui ne manque ni de style, ni de
rythme, à dévorer sous la couette ou dans le métro pour faire la nique aux
frimas de janvier. »
Corinne
Matthieu, La Vie est gay,
roman, Paris,
Éditions
de la Cerisaie, 2005, 324 pages.
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Un
garçon d'un autre temps
de
Christophe Moraux
Cédric,
un garçon d'une vingtaine d'années, belge et marié, quitte une vie insipide
et se retrouve à Rome où il rencontre le bel et mystérieux Antonio. Il tombe
rapidement amoureux du jeune garçon qui lui offre d'abord son corps, puis l'emmène
visiter la Villa d'Hadrien. C'est alors que Cédric fait une étrange découverte.
Il s'aperçoit qu'il a la capacité de voyager dans le temps, comme s'ils
avaient eu d'autres vies qu'il pouvait rejoindre à l'occasion. Ces vies
l'appellent, le questionnent, d'autant plus lorsqu'il se trouve dans un contexte
historique. À partir de cet instant, quelque chose bascule en lui, et un compte
à rebours face à l'irrationnel commence, avec en toile de fond l'angoisse
d'une relation sexuelle non protégée et la mort qui rode. Un garçon d'un
autre temps, troisième roman de Christophe Moraux, est une plongée
fantaisiste dans le temps et dans les rêves de Cédric au cours de laquelle
plusieurs personnages se superposent comme dans un jeu de miroirs. L'auteur
s'attarde à décrire "l'errance d'un être attachant et fragile entre
Rome, Istanbul et Venise".
Après
des études aux Beaux-Arts, Christophe Moraux commence sa carrière
professionnelle au journal L'Expansion, sous la direction de Jean-Louis
Servan-Schreiber, avant de s'orienter dans la publicité comme directeur
artistique. Il a travaillé dans de nombreuses agences, notamment Publicis.
Artiste peintre, ses toiles évoquent les couleurs et la flore de l'archipel des
Caraïbes où il a passé toute son enfance. Christophe Moraux a publié
deux romans aux éditions Balland : Folle passion et François,
tous deux dans la collection Le Rayon.
Christophe
Moraux,
Un garçon d'un autre temps, roman,
Paris, Éditions Lanore Littérature, 2005, 160 pages, 13 euros.
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Le
Garçon de la piscine, de Luis Algorri
par Pierre Salducci
Les
auteurs gais espagnols sont rarement disponibles en français. Au cours des
dernières années, seuls l’auteur culte Eduardo
Mendicutti et Alvaro Pombo ont fait
l’objet de traduction. Aussi faut-il se réjouir de la parution chez Odin du
premier roman de Luis Algorri, sous le titre Le
Garçon de la piscine.
Premier
roman de Luis Algorri,
Le Garçon de la piscine raconte en quelques journées décisives la
passion de deux garçons qui s’attirent et se séparent sur fond de
bisexualité. Alors qu’il est relation avec Ana,
Javier s’éprend du frère de celle-ci,
Jose, de 4
– 5 ans son cadet,
et décide de tout faire pour le conquérir.
Jose est beau, un
rien ténébreux, un corps d'adolescent un
peu musclé, glabre et hâlé,
un cul pommelé et serré, enveloppé dans un slip de bain bleu en nylon ; il
rayonne de ses 18 ans. Javier est subjugué. De manœuvres en détours, il
parvient à proposer à Jose de l'aider dans la préparation de ses examens de
repêchage. Au fil des jours et des leçons, Javier tombe fou d'amour et de désir
pour Jose. Ils partiront ensuite gravir les pics des Monts Cantabrique, un
récif montageux du centre de l'Espagne, une randonnée qui servira de
révélateur à leurs sentiments exacerbés. À leur retour, ils ne seront plus
jamais les mêmes. Parfois
cruel, très vrai et profondément touchant, ce récit tient en haleine du début
jusqu’à la fin. Luis Algorri nous entraîne dans une tourbillon
d'émotions intenses, aux élans torrides et sensuels. Un seul regret,
l'éditeur a choisi un titre assez réducteur en comparaison du titre original,
beaucoup plus beau : "Algun dia te escribire esto", (Un jour, je
t'écrirai tout ça).
Luis
Algorri est né à Léon (Espagne) en 1958. Licencié en sciences de
l'information, il est journaliste dans la
presse écrite nationale, spécialiste des rubriques de Culture. Son écriture
conjugue le langage direct propre aux journalistes et celui du romancier, plus
posé et intimiste.
Luis
Algorri,
Le Garçon de la piscine, roman,
Paris,
Éditions
Odin, 2002,
306 pages, 14,20 euros.
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Concours
de nouvelles « David Gros - Sébastien Nouchet »
L'Union
des écrivains gais
lance un concours de nouvelles
dans
le cadre de la "Journée
mondiale de lutte contre l'homophobie".
Relayée
dans plus de trente pays, du Canada à la Corée du Sud en passant par le Vénézuela,
l'Ouganda, le Liban, l'Inde ou la France, la Journée mondiale de lutte
contre l'homophobie a pour but de promouvoir des actions de
sensibilisation et de prévention pour lutter contre l'homophobie. La première
édition de cet événement aura lieu le 17 mai 2005, soit 15 ans jour pour
jour après la décision de l'Organisation Mondiale de la Santé de
supprimer l'homosexualité de la liste des maladies mentales. À cette date
symbolique, diverses actions seront menées à travers le monde, puis
rapportées sur un site international (photos, témoignages, textes, etc.)
présentant le bilan des activités.
Fondée par Louis-Georges
Tin, directeur du Dictionnaire de l'homophobie (puf 2003), la Journée
mondiale de lutte contre l'homophobie est soutenue par l'International
Lesbian and Gay Association, l'Association européenne pour la Défense des
Droits de l'Homme, le Parti Vert Européen, la Coalition of African
Lesbians, le World Congress of LGBT Jews, et par des centaines
d'associations nationales dans le monde entier. Par ailleurs, plusieurs
personnalités politiques et culturelles ont également signé la pétition
internationale sur le site www.ilga.org.
Forts de toutes ces signatures et de toutes les actions organisées à cette
occasion, les initiateurs et correspondants du projet ont l'intention de se
présenter auprès des gouvernements des pays participants pour obtenir la
reconnaissance officielle de la Journée mondiale de lutte contre
l'homophobie.
Dans
le cadre de cette journée d'intervention, l'Union
des écrivains gais lance un concours international de
nouvelles sur le thème de l'homophobie. "Je pense que c'est une bonne
occasion de s'interroger vraiment sur ce qu'est l'homophobie, de constater
les différentes formes qu'elle peut prendre et de noter les graves conséquences
ou répercussions qu'elle peut avoir. L'écriture est un espace d'isolement
et d'intimité qui convient parfaitement à une telle démarche. L'objectif
est de donner aux gens la possibilité de se questionner sur ce sujet et de
prendre un certain recul face à ce qui arrive autour de nous", a déclaré
Pierre Salducci,
fondateur de l'Union des écrivains gais et président du jury.
Les candidats et candidates sont invités à soumettre une nouvelle, un
texte de réflexion, récit ou un témoignage, d'une longueur de 1300 à
1350 mots, illustrant une expérience ou une observation en relation avec
l'homophobie. Ce concours se tiendra en même temps au Québec, en France et
en Belgique. Le texte lauréat du concours québécois sera publié par la
revue La Voix
du Village tandis que les meilleurs textes en provenance des
trois pays feront ensuite l'objet d'une publication en recueil aux éditions
Biliki (Belgique).
La
date limite d'envoi des textes est le 30 avril 2005. Le règlement complet
du concours est disponible sur le site de la Fondation
Émergence, instigatrice de la Journée nationale de lutte
contre l'homophobie, depuis 2003 déjà. Au Québec, les résultats seront
annoncés le 1er juin 2005 au cours d'une soirée publique à laquelle
seront conviés tous les auteurs participants. À noter que l'Union des écrivains
gais a décidé de dédier ce concours de nouvelles à Sébastien Nouchet et
David Gros, tous deux cruellement victimes d'homophobie au cours de l'année
2004.
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La Fondation Pride communique
Mémoire
et homosexualité
En
réaction au silence d’alexandra S., journaliste à Radio Canada : Aujourd'hui
nos cœurs et nos larmes sont hautement sollicités. L'horreur sans nom, le
meurtre horrible et la souffrance de millions d'êtres humains sont symbolisés
par un nom lourd de symbolisme : Auschwitz. En passant sous silence et en
oblitérant, l'assassinat de milliers d'homosexuels, notre souffrance ne s'en trouve
pas amenuisée mais exacerbée. La communauté LGBT n'est pas loin de cette
violence et devant
l'agressivité et l'extrême intolérance qui se propage de plus en plus chez la
droite, les groupes religieux et autres groupuscules, nous devons réagir
promptement et dire tout haut que notre souffrance n'est pas différente, n'est
pas moindre, n'est pas moins digne d'être soulignée publiquement et d'être
pleurée.
Le meurtre haineux d'homosexuels n'est pas un fait divers qu'on mentionne en bas
de page juste pour de ne pas nous froisser, mais une réalité historique et
hautement symbolique de ce qui peut nous arriver si nous diminuons un temps soit
peu notre vigilance et notre lutte pour la reconnaissance non pas de droits,
mais de simple égalité.
Le silence de nombreux médias, des gouvernments et des associations est une
violence de plus qui tente de banalisé d'autres crimes commis quotidiennement.
L'an prochain, souhaitons que le drapeau gai flotte fièrement sur Auschwitz en
mémoire du passé et du présent.
Francois Robert Lemire / Fondation Pride
La
revue La
Voix du Village
élue "personnalité gaie de l'année"
La
Fondation Pride est fière de tenir son 4e Gala "Personnalité
de l’année" en saluant la revue La Voix du Village. "Cette
année nous ne pouvions passer sous silence le travail exceptionnel et la qualité
autant de format, que de contenu, d’une revue toute jeune, mais pleine de
promesses et de maturité", a déclaré François Robert Lemire président
de la Fondation Pride.
"Après avoir souligné, dans les années passées, le travail remarquable
de personnalités qui, de par leur position, ont agi positivement auprès de la
communauté gaie et lesbienne et ont aidé à propagé une image positive des
gais et lesbiennes ( GLBT ) à l’intérieur comme à l’extérieur de la
communauté, tels que des personnalités comme Peter Sergakis (homme d’affaires),
l’honorable Jean Chrétien (Premier Ministre du Canada), ou Bertrand Delanoë
(maire de Paris), cette année nous récompensonsons une revue qui se distingue
de par sa qualité graphique, son contenu, son approche visuelle et commerciale,
qui font d'elle un exemple exceptionnel voire unique dans la communauté gaie et
lesbienne."
Après une compilation de plus de 200 revues et journaux à travers le monde, il
est apparu "qu'aucune publication ne serait autant digne de mention que la
revue La Voix du village". La Fondation Pride aimerait
qu’elle devienne dans le futur une référence de ce que devrait être un
magazine à diffusion publique. En effet, les propriétaires et administrateurs
ont pris le "pari courageux, voire hasardeux, de rayer de manière définitive
toute publicité et tout contenu sexuellement explicite".
La Fondation Pride tient à souligner l'audace de la revue La Voix du
Village qui a décidé de sortir des voies faciles de la publicité
sexuelle, du vulgaire, des petites annonces illicites et de la sollicitation
masculine, pour offrir à la communauté et au monde une revue digne de figurer
parmi les plus belles, toute orientation sexuelle confondue. Et en plus, la
revue est gratuite ! Encore merci à La Voix du Village de faire
aujourd’hui notre fierté !
La
Fondation
Pride se
définit comme "un organisme voué à la promotion des intérêts de la communauté gaie et lesbienne, en particulier par le biais du sport
amateur".
Elle est l'instigatrice de La
déclaration des droits des gais et lesbiennes.
Pour
plus d'information :
Fondation
pride
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